|
ALMANACH HEBDO
|
|
www.lgmtransfo.eu
|
L'histoire du LSD Antiquité : L’ergot de seigle était connu depuis l’antiquité pour ses propriétés mais son usage était restreint aux sages-femmes qui l’employaient pour améliorer la délivrance des patientes et stopper les hémorragies.
Jusqu’au XVIè :
Il fut autrefois responsable d’une maladie, l’ergotisme, appelée au
Moyen Âge "Mal des ardents", liée à la présence d’ergot dans le seigle
utilisé pour fabriquer le pain. Cette maladie, qui dura jusqu’au XVIIe
siècle, se présentait sous forme d’hallucinations passagères, similaires
à ce que provoque le LSD, et à une vasoconstriction artéliolaire, suivie
de la perte des extrémités des différents membres, comme les bouts des
doigts. A cette époque, il était communément admis que ces personnes
étaient des victimes de sorcellerie ou de démons. 1582 : première exploitation médicale de l’ergot de seigle, mentionnée par le Dr Adam Lonitzer de Francfort. Utilisée comme antalgique par les sages femmes. Début XIX ème : premiers travaux pour isoler les alcaloïdes, les principes actifs de l’ergot. Ce n’est qu’au début du XXè siècle que l’industrie s’est intéressée à ce produit en développant des programmes de recherche. 1907 : Dans un premier temps, les anglais Barger et Carr, isole une des alcaloïdes du parasite et l’appelle ergotoxine, en raison de sa grande nocivité et ne connut pas d’usage médical. Découverte de son effet inhibiteur sur l’adrénaline. 1908 : l’ergot reconnu par la médecine traditionnelle pour une utilisation post-natale. 1917-18 (ou 1930) : premières recherches chez Sandoz par le Pr Arthur Stoll, futur patron d’Hofmann. Isolation de l’ergotamine : première molécule pure extraite de l’ergot. l’ergotamine, fut ensuite commercialisée sous le nom de Gynergène avec, comme indications essentielles,les hémorragies obstétricales et les migraines. 1920 : Naissance, dans une famille américano-irlandaise catholique, de Timothy Leary, à Spingfield, Massachussets. Père dentiste, ancien militaire, et mère instituteur. En 1928, Albert Hofmann achève des études de chimie à l’université de Zurich. Il obtient avec les meilleures distinctions son diplôme de docteur après avoir soutenu un travail sur l’enzyme de dégradation de la chitine contenue dans le suc gastrique de l’escargot des vignes. Son modèle est Louis Pasteur et il aime citer sa formule « Dans le domaine de l’observation scientifique, la chance surgit chez ceux qui y sont préparés ». 1930 : Recherches poussées en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Jacobs et Craig, du Rockfeller Institut de New-York, isolent la famille chimique commune aux alcaloïdes de l’ergot : l’acide lysergique. Hofmann rejoint le laboratoire de recherche de la compagnie pharmaceutique Sandoz à Bâle,unité dirigée par le Professeur Stoll. 1935 : Hofmann, chez Sandoz depuis cinq ans, reprend les travaux de Stoll sur les dérivés de l’ergot. 1938 : C’est en 1938 que le docteur Albert Hoffman a synthétisé le LSD pour la première fois. Il poursuivait ses recherches sur les dérivés des alcaloïdes de l’ergot du Claviceps purpuera, un champignon qui infeste les graminées et plus particulièrement le seigle. On avait déjà produit plusieurs médicaments à partir de l’ergot de seigle et on croyait que le 25e dérivé étudié, le LSD-25, se révélerait comme un stimulant circulatoire. Les résultats furent décevants et on oublia le LSD-25 jusqu’en 1943 Premiers tests sur les animaux. Pas d’intérêt médical, estiment les chefs de Sandoz. Hofmann suspend ses recherches sur le LSD-25.
1943 :
retour de Hofmann sur le LSD, persuadé qu’il n’en a pas tiré tous les
effets. Le 16 avril, Hoffmann en ingéra involontairement une faible
quantité. En quelques instants, il fit l’expérience d’effets
hallucinogènes, qu’il attribua ensuite au LSD. Le lundi 19, il décide de
s’administrer une dose de 0,25 mg dans 10 cc d’eau pour être sur de ses
effets. Premier trip sous LSD, à vélo durant 4 miles. D’où le fameux
Bicycle Ride. C’est à ce moment que le LSD fut vraiment découvert. La même année, Leary obtient un diplôme de psychologie à l’université d’Alabama, après avoir été viré de l’académie West Point pour des problèmes d’alcoolisme. Il part ensuite faire la guerre. 1947 : débuts des expériences psychiatriques sur l’homme à Zurich, par Werner et Stoll Jr. Sandoz sort son Delysid R, ampoules de LSD vendues en pharmacie. Tests sur les sujets sains et schizophrènes. Doses : de 0,02 à 0,13 mg. Effet caractérisé comme un "phantasticum". 1949 : arrivée du Delysid aux USA. Premières psychothérapies sous LSD : psychédélique aux USA (hautes doses, 0,3 - 0,6 mg), psycholytique en Europe (moyenne dose). Utilisé comme moyen d’expression (névroses) ou comme antalgique sur des cancéreux en phase terminale. 1951 : Le dernier incident majeur lié à l’ergot de seigle en France date d’août 1951, dans le village de Pont-Saint-Esprit, où la majorité des habitants aurait été atteinte d’hallucinations, suite à l’absorption de pain contenant de la farine de seigle contaminée. Plusieurs personnes sont mortes d’accidents liées à leur hallucinations. 1957 : Leary, après des recherches en Californie, se fera remarquer à Harvard par un de ses premiers écrits sur le "diagnostic interpersonnel" de la personnalité. 1960 : Leary se paye un voyage au Mexique et goûte aux délices des psilocybe, les "magic mushrooms" qui lui feront découvrir ce qu’il appellera le "Niagara sensoriel". 1961-63 : Leary est en poste à Harvard depuis 1959. Sous son impulsion, le LSD devient, avec la mescaline (décrite par Huxley dans Doors of Perceptions) et diverses plantes psychés, le centre des psychothérapies interpersonnelles, ou le patient et le malade trouve une "osmose hallucinatoire et rédemptrice" (je cite de mémoire les héritiers du mouvement d’aujourd’hui). Il se fait renvoyé de la faculté en 1963. 1965 : devant la vague "LSD = débauche = drogue", après les remous de Harvard, Sandoz stoppe la production du Delysid. Hoffman en veut encore à Leary d’avoir un peu "dépassé les bornes." La même année, l’ancien gourou de Harvard se fait arrêter en possession de marijuana. 1969 : l’ONU interdit l’usage du LSD dans sa Convention sur les psychotropes. 1970 : Leary doit fuir les USA (Alger, Afghanistan) après avoir épuisé tous ses appels en justice. Il se fera coincer par la DEA en Afghanistan en 73. 1973-76 : Leary passe 3 ans dans la prison de Folsom, une des plus dures de Californie. Il vivra ensuite à Los Angeles, puis à Beverly Hills. Il terminera d’ailleurs sa vie là-bas. Sa home page et son nom de domaine associé : www.leary.com. 1985 : la Suisse autorise six psychiatres à relancer la thérapie psycholytique. Organisations de trips officiels pour soigner l’anorexie et l’état dépressif. 1991 : aux USA : retour psychédélique. La FDA accepte un protocole d’essais cliniques déposé par le Dr Albert Kurland de Baltimore, pour traiter le comportement additif. 1993 : en Suisse, ils ne sont plus que trois à pouvoir prescrire le LSD. L’autorisation fédérale a expirée en octobre. L’équipe de Baltimore devait débuter ses tests sur 60 personnes : 0,1 à 0,4 mg, 20 heures de préparation, cinq sessions. Mais les autorités locales (Maryland) ont refusé de poursuivre les recherches.
1996 :
Leary meurt le 31 mai. Sources :
|
|
Envoyez un courrier électronique à
jld62520@almanach-hebdo.net
pour toute question ou remarque concernant ce site Web.
www.almanach-hebdo.net |